Certaines voix traversent les décennies sans jamais se plier aux modes éphémères ni aux frontières linguistiques. Les palmarès officiels ignorent parfois leur influence, mais leur impact s’impose, indiscutable, dans l’histoire musicale.
Des carrières stoppées trop tôt côtoient des trajectoires marquées par la longévité exceptionnelle. Des artistes continuent d’attirer l’attention jusqu’à l’aube de 2026, alors même que la scène musicale mondiale évolue à toute vitesse.
Des années 60 à aujourd’hui : comment les chanteuses italiennes ont façonné la bande-son de plusieurs générations
La chanteuse italienne ne se laisse enfermer ni par l’image figée sur une jaquette de vinyle, ni par la douceur attendue d’une voix. C’est une présence, une volonté, un fil tendu entre les époques, du xxe siècle à la nouvelle génération. Dès les années 60, Giovanna Marini ouvre la voie : diplômée du conservatoire Santa Cecilia à Rome, elle crée le Nuovo Canzoniere Italiano et s’illustre en 1964 lors du spectacle « Bella Ciao ». Ce sont les débuts d’une alliance forte entre chanson populaire et revendication sociale.
Marini ne se contente pas de chanter : elle collecte, transmet, explore. Accompagnée de Giovanna Daffini, elle traverse la Calabre, la Sicile, les Pouilles, recueille les récits d’ouvriers et de paysans, puis partage ce patrimoine à Rome et à Paris, devant des élèves attentifs. En 1976, elle réunit autour d’elle le Quatuor vocal : Patrizia Nasini, Patrizia Bovi, Francesca Breschi s’y joignent. Ensemble, elles creusent la polyphonie, font vibrer les voix, renouvellent la pratique du chant collectif.
Puis, d’autres groupes prennent le relais et prolongent l’aventure. Voici le Quartetto Urbano avec Xavier Rebut, ou Sanacore, où l’on retrouve Anne Garcenot et Tania Pividori. Ce sont des laboratoires : ils mêlent les genres, croisent la tradition et l’innovation, construisent une identité musicale en mouvement. La pop italienne n’a rien d’immobile : elle évolue, se réinvente, tout en honorant ses racines. La chanson italienne reste vivante, portée par chaque génération qui façonne à sa manière son univers sonore.
Ornella Vanoni et les icônes de la chanson italienne : parcours, anecdotes et héritage jusqu’en 2026
Milan, années 60. Ornella Vanoni impose son style, sa voix feutrée, sa chevelure rousse qui la rend instantanément identifiable. Tout au long de sa carrière, elle trace une trajectoire singulière dans la chanson italienne. Elle choisit ses textes avec soin, s’entoure de personnalités comme Gino Paoli ou Giorgio Strehler, et marque la musique populaire italienne par sa présence magnétique. L’album « Una ragione di più » la propulse sur le devant de la scène, tandis que « Senza fine » ou « L’appuntamento » deviennent des repères incontournables.
Contrairement à d’autres artistes de son époque, Ornella Vanoni cultive l’art de la nuance : l’ellipse, l’ironie, la distance. Elle traverse les années 80 et 90 sans jamais se reposer sur ses acquis. Elle multiplie les duos, s’aventure dans le jazz, se produit en France, tout en restant fidèle à une exigence artistique rare. Son engagement est salué, notamment par un prix d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, et ses passages au Festival de Sanremo font figure d’événement.
Ce parcours, loin de s’arrêter, inspire d’autres voix. Emma Marrone, Gianna Nannini n’hésitent pas à citer Vanoni parmi leurs influences majeures. Sa capacité à renouveler la ballade, à croiser poésie et chanson, nourrit la créativité des artistes italiennes d’aujourd’hui. En 2026, sa discographie reste une étape incontournable pour quiconque souhaite découvrir la richesse et la diversité du patrimoine musical italien. Ornella Vanoni demeure un phare, guidant toutes celles et ceux qui rêvent de faire vibrer la langue italienne au rythme des époques.


