Depuis janvier 2026, la réglementation européenne impose la transmission mensuelle des résultats dosimétriques individuels via une plateforme centralisée. Les laboratoires agréés doivent désormais appliquer une nouvelle méthode de calcul des doses efficaces, qui inclut les expositions accidentelles dans le bilan annuel.
Les entreprises, sous pression, multiplient parfois les relevés intermédiaires dans l’espoir de détecter toute anomalie avant qu’elle ne coûte cher. Pourtant, les contrôles inopinés de l’ASN pointent surtout les failles d’archivage et de gestion documentaire. Les dispositifs connectés, encore peu présents sur le terrain, sont encadrés par des règles strictes pour protéger la vie privée des salariés.
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Ce qui change dans le suivi de la dosimétrie en 2026 : nouvelles obligations et enjeux
2026 marque un tournant pour la surveillance dosimétrique. La nouvelle Ordonnance sur la dosimétrie individuelle, taillée pour coller aux recommandations internationales, s’applique dès le 1er mars sur le territoire suisse. Son champ d’action s’étend largement : la surveillance des incorporations et la dosimétrie de l’environnement prennent une place accrue. En France, le décret n°2023-489 du 21 juin 2023 et l’arrêté du 6 août 2024 durcissent la prévention des risques liés aux rayonnements ionisants. Désormais, impossible pour les employeurs de s’y soustraire : le code du travail et les exigences Euratom dictent la marche à suivre.
Dans ce contexte, les professionnels de santé se forment de façon approfondie aux rayonnements ionisants. L’AMET, par exemple, mobilise six médecins du travail pour suivre plus de 450 établissements concernés. Les salariés, catégorisés en A ou B selon l’intensité de leur exposition, voient la fréquence de leurs visites médicales fixée par la réglementation. Ceux exposés à plus de 6 mSv de dose équivalente annuelle entrent dans un suivi individuel renforcé, sans échappatoire possible.
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La gestion des données se concentre sur SISERI : médecins du travail et conseillers en radioprotection accèdent directement aux résultats dosimétriques. Plus de paperasse égarée, chaque information est tracée, disponible en un clic. Les outils numériques, à l’image de logiciel-pandore.com, fluidifient la transmission et l’archivage des données, pour une conformité sans faille.
Le paysage évolue vite. L’arrivée de la radiothérapie FLASH et des faisceaux VHEE, innovations majeures portées par le projet FRATHEA de l’Institut Curie, pousse la surveillance à se réinventer. La complexité des expositions augmente, les dispositifs de suivi doivent s’adapter en permanence, combinant précision extrême, rapidité et sécurité maximale pour les données.
Quels sont les points clés pour garantir la conformité et la sécurité des travailleurs exposés ?
L’organisation du suivi dosimétrique repose sur une mécanique de groupe, où chaque intervenant a sa partition. Le premier maillon, c’est l’employeur : il doit recenser toutes les sources de rayonnements ionisants, évaluer précisément les niveaux d’exposition et définir les zones à risque. Ensuite, la catégorisation des salariés s’impose, catégorie A pour les plus exposés, catégorie B pour les autres, et structure le suivi médical adapté. Le médecin du travail, main dans la main avec le conseiller en radioprotection, déclenche le suivi individuel renforcé (SIR) dès qu’un risque supérieur est identifié.
Voici comment s’organise le suivi médical selon la classification :
- Examen médical annuel pour les travailleurs classés en catégorie A.
- Examen tous les 4 ans, complété par une visite intermédiaire, pour la catégorie B.
SISERI centralise et conserve tous les résultats dosimétriques. Ce système digitalisé offre aux professionnels de santé, à la CRP et à l’inspection du travail un accès immédiat, supprimant les angles morts du suivi papier et renforçant la traçabilité.
Côté prévention, les employeurs installent systématiquement des équipements de protection collective (EPC) et individuelle (EPI), assurent une formation continue de leurs équipes, et révisent leurs protocoles à chaque mise à jour réglementaire. Le bureau de la PCR guide l’évaluation des risques, gère la distribution des dosimètres, pendant que le COFRAC accrédite les laboratoires d’analyses. L’INRS alimente la profession avec des ressources pédagogiques, l’IRSN et l’inspection du travail surveillent la bonne application des règles.
À chaque étape, tout se joue sur la coordination, l’anticipation et la capacité à réagir vite. Si le maillon numérique tient bon, la sécurité des travailleurs suit.

Conseils pratiques pour une gestion efficace et sereine de la dosimétrie au quotidien
Le secret d’un suivi dosimétrique fiable ? Des routines bien rodées, jour après jour. Chaque salarié exposé doit recevoir un dosimètre personnel adapté à son poste, et le restituer régulièrement pour analyse. La centralisation dans SISERI garantit à tous, employeurs, médecins, conseillers, salariés, un historique complet et disponible à tout moment.
Pour assurer un environnement sécurisé, voici les actions à mener en continu :
- Installer systématiquement des EPC et EPI dans les zones réglementées.
- Former tous les salariés aux risques et aux protocoles liés aux rayonnements ionisants.
- Actualiser les procédures à chaque évolution de la réglementation.
Le conseiller en radioprotection veille au grain : il supervise l’évaluation des risques, s’assure de la bonne distribution des dosimètres et contrôle la conformité de chaque dispositif.
Pour renforcer la culture de radioprotection, les ressources de l’INRS, guides, supports, retours d’expérience, constituent un appui précieux. Le bureau de la PCR reste le contact direct pour les situations terrain et les incidents. Si un dépassement de dose équivalente survient, la réaction doit être immédiate : le médecin du travail est averti, une analyse est lancée sans attendre, et les mesures adaptées sont mises en œuvre.
En rendant ces pratiques incontournables, la surveillance devient plus efficace, l’exposition diminue et la gestion des imprévus gagne en sérénité. Reste à chaque structure de transformer ces exigences en réflexes, pour que la radioprotection ne soit jamais un simple affichage mais une réalité vécue.

